IA et agriculture comorienne. Avec la stratégie Comores numérique 2028 qui ambitionne d’amener la contribution du numérique dans le PIB à 5% à l’horizon 2028, l’agriculture est au cœur de la vie économique et sociale des Comores.

Pourtant, elle reste largement traditionnelle, peu mécanisée et très exposée aux aléas climatiques. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) peut offrir une véritable révolution, en permettant d’optimiser les cultures, réduire les pertes et rendre le travail agricole plus précis, plus rentable et plus durable. Plusieurs pays africains ont déjà commencé cette transformation, comme le Maroc avec Morshid, ou des startups comme Temu.ai. Pourquoi pas les Comores ?

Des solutions concrètes d’IA adaptées aux réalités africaines
Les solutions basées sur l’IA ne sont plus réservées aux pays développés. Par exemple, Temu.ai, une startup africaine, propose une plateforme intelligente capable de collecter, analyser et restituer des données agricoles utiles en temps réel. Grâce à des capteurs placés dans les champs et des algorithmes de prédiction, les agriculteurs peuvent savoir exactement quand irriguer, quel type de fertilisant utiliser, ou encore identifier les signes précoces d’une maladie ou d’une infestation.
Dans le même esprit, le Maroc a mis en place la plateforme Morshid, un assistant numérique pour les agriculteurs qui utilise l’IA pour fournir des conseils agricoles personnalisés. Via SMS ou une application mobile, l’agriculteur reçoit des recommandations basées sur sa localisation, le type de culture, et les données météorologiques locales. Ce type de solution serait particulièrement pertinent pour les agriculteurs comoriens, souvent situés dans des zones rurales avec peu d’accès à l’information.

Un potentiel énorme pour les Comores
Aux Comores, la culture de la vanille, de l’ylang-ylang, des clous de girofle ou des fruits tropicaux pourrait tirer grand bénéfice de ces technologies. Par exemple, un producteur de vanille à Mohéli pourrait, grâce à une solution de Temu.ai, savoir à quel moment exact récolter ses gousses pour maximiser leur qualité. Ou encore, un cultivateur de manioc à Anjouan pourrait recevoir une alerte automatique sur son téléphone dès l’apparition de symptômes liés à une maladie du sol, via une photo prise avec son smartphone.
Même sans infrastructures lourdes, ces solutions reposent sur des technologies mobiles, peu coûteuses, qui peuvent être adaptées aux réalités comoriennes. L’important est de les accompagner de manière structurée.

Former les agriculteurs comoriens au numérique et à l’IA
L’introduction de l’intelligence artificielle dans l’agriculture comorienne ne pourra se faire sans un effort de formation massif. Il ne suffit pas de déployer des outils : il faut aussi apprendre à les utiliser. Cela implique de mettre en place des ateliers de formation dans les zones rurales, de former des relais communautaires numériques, et d’impliquer les jeunes comoriens dans le développement de ces outils, notamment ceux issus des filières informatiques ou agricoles.

Des partenariats entre les universités comoriennes, des startups africaines comme Temu.ai, ou des programmes de coopération régionale (avec le Maroc ou Madagascar, par exemple) pourraient accélérer cette transformation. La création de « centres numériques agricoles » dans chaque île permettrait de démocratiser ces savoirs et de rendre l’IA accessible au plus grand nombre.
Une opportunité à saisir pour l’autonomie alimentaire et le développement durable

Alors que les Comores importent encore une grande partie de leurs denrées alimentaires, l’IA pourrait jouer un rôle stratégique dans la souveraineté alimentaire du pays. En optimisant la production locale, en réduisant les pertes post-récolte, et en permettant une meilleure gestion des ressources naturelles, l’agriculture intelligente peut aider le pays à nourrir sa population tout en préservant ses écosystèmes.

Ce tournant ne doit pas être manqué. Il ne s’agit pas simplement de suivre une tendance mondiale, mais de répondre à des besoins locaux réels, avec des technologies simples, efficaces et durables.
Une vision à bâtir dès aujourd’hui
L’avenir de l’agriculture comorienne passe inévitablement par l’innovation. L’intelligence artificielle, combinée à une stratégie de formation et à des partenariats africains solides, peut ouvrir la voie à une nouvelle ère agricole aux Comores. Le pays a le potentiel, les ressources humaines et les partenaires pour réussir cette transition. Il reste maintenant à construire cette vision de manière inclusive, pragmatique et tournée vers l’avenir.


Par Rachadi Phatah Eddine, écris » 269″ si tu es Comorien comme moi !

